Immobilier : sortie de crise ?

Aux dires de tous les professionnels, après un 4ème trimestre noir en 2008 et un marché tétanisé en janvier et février, les signes d’une reprise sont perceptibles en ce début de printemps. Une embellie qui s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs positifs qui encourage à un certain optimisme.

Depuis 2002, un pourcentage conséquent de candidats à l’acquisition se trouvaient de fait exclus du marché. En cause, des prix de vente et un coût du crédit trop élevés. La crise a eu pour effet une meilleure appréciation de la valeur des biens et une prise de conscience des propriétaires qui, s’ils veulent vendre, doivent faire un geste. La baisse des prix est désormais sensible et devrait s’établir entre 5% et 10 % cette année. Soit un retour aux niveaux pratiqués en septembre 2007 : un signal encourageant pour les acheteurs, sans qu’on assiste à une grande braderie pour les propriétaires. Dans le même temps, la bonne nouvelle est venue de la Banque centrale européenne qui vient une énième fois de baisser son taux interbancaire, ramené aujourd’hui à 1,25% ! Encore fallait-il que les banques répercutent cette baisse sur leurs offres de crédit. Cela commence enfin à être le cas, après un trimestre où elles étaient davantage occupées à reconstituer leurs marges bénéficiaires. Du coup, les conditions d’une relance, quoique timide, se dessinent. D’autant qu’un certain nombre de mesures gouvernementales commencent dans le même temps à produire leurs effets.

Ainsi, les primo-accédants bénéficient de dispositifs allant dans le sens d’une « France de propriétaires » qui figurait dans le programme du candidat Sarkozy à la présidentielle. Au titre des coups de pouce fiscaux 2009, le doublement du prêt à taux zéro et des plafonds de ressources revus à la hausse pour l’acquisition ou la construction d’un logement neuf. Certes la mesure est provisoire, mais 80 % de la population concernée y est éligible. Autre levier, institué celui-là en 2007, le Pass Foncier devient une réalité : financé sur le 1% employeur et aidé par une subvention des municipalités et de l’État, il permet de rembourser d’abord la maison et seulement ensuite le terrain. Une aide à l’acquisition accompagnée d’une TVA réduite qui devrait désormais montrer rapidement ses effets.

Enfin, il semble que la loi Scellier en vigueur depuis le 1er janvier soit en train de doper l’investissement locatif dans le neuf. Jusqu’au 31 décembre 2010, il devient possible de bénéficier d’une réduction d’impôt de 25 % du montant du bien répartie sur 9 ans ( 5% la première année, et 2,5 % les suivantes) dans la limite de 300 000 euros par opération. Et pour le bailleur qui s’engage à pratiquer des loyers modérés, le bonus fiscal s’additionne d’un abattement de 30% sur les loyers perçus. De quoi détrôner les achats Borloo ou Robien et inciter les promoteurs à relancer leurs programmes mis à mal par le ralentissement de l’économie.

Tous ces facteurs réunis laissent penser que la France devrait sortir plus vite que ses voisins européens de la crise immobilière. L’avenir le dira.

Le tarif des banques

La loi Châtel du 3 janvier 2008 fait obligation aux banques de fournir annuellement à leurs clients un récapitulatif des frais prélevés pour la gestion de leur compte de dépôt. Y figurent les commissions prélevées sur les produits et services auxquels vous avez souscrit : carte de paiement à débit immédiat ou différé, gestion et ordres via Internet, opérations à l’étranger, sécurisation de vos paiements...

S’y ajoutent le cas échéant les agios et frais débités suite à découvert ou incident de compte. Au delà, chaque banque propose un grand nombre de services, au détail ou dans le cadre d’une convention, qui peuvent être gratuit au ou contraire s’avérer très onéreux. On parle beaucoup de faire jouer la concurrence et de faire des comparaisons. Mais avant de déménager vos avoirs vers un autre établissement - à grand frais généralement de fermeture et transfert !

- commencez par vérifier que vous payez pour des usages réguliers et strictement utiles. Ainsi, la synthèse que vous avez reçu en début d’année vous permet de mettre de faire le point pour ne retenir que les services en phase avec vos besoins réels.

Aide à la mobilité

L’ensemble du secteur bancaire s’est engagé d’ici le 1er novembre 2009 à proposer une assistance gratuite à la mobilité : le changement de domiciliation sera transmis dans les cinq jours ouvrés à tous les organismes auprès desquels le nouveau client a un accord de prélèvements ou virements automatiques. Cette aide à la mobilité doit se généraliser d’ici la fin de l’année à l’ensemble de l’Europe. Plusieurs banques françaises ont pris, de ce point de vue, une longueur d’avance.

Automobile : en attendant le véhicule de demain...

Au quatrième trimestre 2008 la baisse des immatriculations de voitures neuves s’est poursuivie, affectant dans des proportions quasi similaires les marques françaises et étrangères : respectivement -5,3 % et -5,5 %, par rapport au précédent trimestre. Les véhicules diesel sont moins touchés ( -1,7%) que les modèles essences ( - 5 %). Quant au marché de l’occasion, s’il se relève un peu ( -1,7 % contre -2,9 % au troisième trimestre), il reste à des niveaux exceptionnellement bas.

Une explication : au jeu du bonus-malus écologique et de la prime à la casse, l’heure est à manipuler sa calculette. Une voiture neuve à moins de 7500 euros, c’est possible ! Une sérieuse économie sur un poste budgétivore dans une période où la valeur d’usage l’emporte sur le paraître.

Et pour ceux qui appellent de leur voeux la voiture propre du XXIème siècle, il va falloir qu’ils patientent encore un peu. Baisse du carburant et complexité des technologies électriques aidant, le moteur à explosion a encore de beaux jours devant lui. Au récent Salon de Genève, les prototypes étaient plus là pour marquer sa place et placer sa marque que pour annoncer une révolution.

Exception faite de la remarquée Bluecar de chez Bolloré-Pininfarina dont les premiers modèles, reposant sur une conception « tout solide » des batteries, seront livrés à l’été. Et si le consortium franco-italien prenait tous les constructeurs de vitesse ?! Autre star originale, la Tata Nano à 100 000 roupies du fabricant indien, promise par la suite dans une version conforme aux normes européennes autour de 5000 euros. Small is wonderfull...

Toyota mise ainsi de son côté sur la lilliputienne IQ, une quatre places de moins de 3 mètres qui va concurrencer sérieusement la Smart. Pendant ce temps, les fabricants occidentaux essuient la crise de plein fouet et réagissent en redonnant un coup de jeune à l’ancien : nouvelle 206 plus, nouvelles Scénic, nouvelle Volkswagen Polo... cette pléthore de modèles suffira-t-elle à convaincre ?

http://www.statistiques.equipement.gouv.fr/article.php3?id_article=431

Brèves d’actualité

G20 : premier bilan

Parmi les principales dispositions prises à l’issue du sommet mondial du jeudi 2 avril, notons l’injection dans l’économie mondiale de 745 milliards d’euros. Une somme astronomique qui n’a pas de précédent dans le traitement d’une crise internationale. C’est le FMI qui sort le plus renforcé de cette rencontre entre les pays développés et émergents, représentant 80% de la richesse mondiale. Le rôle du FMI est confirmé dans la coordination de la relance internationale et le soutien aux économies les plus fragiles. Ses moyens financiers vont quant à eux tripler. À retenir également, la fin annoncée du « secret bancaire » et dans la foulée la publication par l’OCDE des paradis fiscaux qui ne sont pas en conformité avec les règles mondiales d’échange d’informations fiscales. Andorre et Monaco se retrouvent sur la « liste grise » en ayant signé à ce jour moins de 12 accords en conformité avec les standards internationaux. Le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l’Uruguay sont les quatre États épinglés quant eux sur la « liste noire ». Enfin, un Conseil de Stabilité Financière, élargi au pays du G20, remplace l’ancien Forum de Stabilité Financière. Il a mission de surveiller les errements financiers et de prévenir une nouvelle crise.

Un sondage réalisé après le sommet indiquait que pour 53 % des Français les mesures étaient concrètes mais que pour 68 % d’entre eux elles restaient insuffisantes. Les chefs d’État vont maintenant devoir faire preuve de pédagogie pour ramener la confiance dans l’opinion, mais surtout traduire rapidement dans les faits les engagements pris.

Livret A : une nouvelle baisse en juin ?

47 millions de Français détiennent un Livret A dont le taux de rémunération était encore de 4% à l’été dernier. En février il a été ramené à 2,5 %, soit ½ point au-dessus de l’ajustement automatique qui aurait dû lui être appliqué. En effet, le taux du Livret A fait l’objet d’une savante arithmétique entre le taux EURIBOR* à 3 mois, l’EONIA* et l’inflation, dans les limite de 1,5 points à la hausse ou à la baisse ! Le gouverneur de la Banque de France préconise pour sa par une révision au 1er mai prochain. Au secrétariat général de l’Élysée, on évoque plutôt le mois de juin. Sans préciser l’ampleur de la baisse.

*EURIBOR (Euro Interbank Offered Rate) : taux interbancaire pour la rémunération des dépôts.

*EONIA (Euro OverNight Index Average) : taux moyen des transactions de prêts non garantis effectuées au jour le jour entre les banques.

Internet Mobile : gare à la facture !

Les plaintes de consommateurs se multiplient auprès des opérateurs alors même que ce secteur connaît une envolée spectaculaire dans le sillage de l’IPhone. Difficile en effet de s’y retrouver dans une jungle d’offres tarifaires où « l’illimité » est une notion à contours variables.

Les surprises les plus désagréables sont venues du visionnage de la télévision sur les smartphones et des communications depuis l’étranger, avec des factures qui explosent et des utilisateurs qui tombent des nues. Luc Châtel, secrétaire d’Etat à l’industrie, a décidé de tirer la sonnette d’alarme et demandé aux principaux opérateurs de télécommunications de mettre en place des « dispositifs d’alerte et de blocage de la facturation dès lors qu’un montant critique de dépense d’Internet mobile est dépassé ». Des opérateurs qui affirment pratiquer la bienveillance en cas de dépassement de forfait quand la bonne foi du client n’est pas en doute, mais qui devront trouver rapidement des solutions pour clarifier leurs offres et apporter une information transparente avant la vente d’un contrat.