Tendances

Chacun le sait, les périodes de soldes sont strictement encadrées par la loi, déclaration préfectorale à l’appui. Il n’en reste pas moins que les possibilités de bénéficier de prix bas, voire de prix cassés, se sont multipliées ces dernières années sous la pression de consommateurs de plus en plus attentifs au montant des étiquettes et à l’initiative de commerçants soucieux d’ajuster l’offre à la demande pour assurer leur chiffre d’affaires.

Dans cette évolution des comportements des uns et des autres, les comparateurs de prix et les offres de discounters qui fleurissent sur Internet ont eu et auront un rôle important : pourquoi payer plus ici ce qu’on peut payer moins ailleurs ? L’argument frappe au bon endroit, c’est-à-dire au porte-monnaie. Par le passé, il avait déjà inspiré des campagnes de pub du style : si vous trouvez moins cher, on vous rembourse la différence ! Mais les choses vont vite, et au-delà d’initiatives ponctuelles qui tiennent assez classiquement de la vente par promotion, quelque chose a changé en profondeur dans le comportement des consommateurs : hier, on attendait l’occasion – soldes ou autres – aujourd’hui, on démarche les prix bas.

L’avaient compris avec un peu d’avance ces distributeurs pionniers qui mettaient en entrepôts toute l’année, à tiers ou moitié de prix, des produits griffés mais invendus de l’année précédente. Sans perdre de leur intérêt, ces soldeurs permanents n’ont toutefois plus la cote qu’ils ont eue dans un passé récent. C’est qu’Internet est passé par là et que le commerçant de boutique ou de chaîne devra suivre.

Quelques clics, et non seulement vous comparez les prix, mais vous enclenchez des enchères gagnantes pour des produits de consommation courante- vêtements, chaussures, électronique domestique etc. – ou des produits de marques prestigieuses.

Bien sûr cette pratique a donné lieu à des abus, voire à quelques escroqueries montées en épingle, mais la sécurité du paiement en ligne est de mieux en mieux garantie. Et d’autre part, il semble impossible de revenir en arrière, vers des modes de consommation moins ouverts et plus coûteux, tout au moins en ce qui concerne les biens d’équipement. Et aussi pour le crédit pour lequel le réflexe « clic » est désormais entré dans les mœurs, simulation et contrat compris – toujours par écrit pour ce dernier toutefois.

Emprunt : la voie de la renégociation

Au début de cette année, la Fédération bancaire française ( FBF) a conseillé à ses adhérents étudier des dispositifs d’assouplissement des obligations pour des contractants d’un prêt immobilier mis momentanément en difficulté dans le remboursement de leur emprunt.

Objectif : éviter le gonflement des passages en contentieux en proposant des solutions alternatives comme le report des échéances.

Certains établissements bancaires proposent déjà cette formule, étudiée au cas par cas, à leurs clients touchés par le chômage total ou partiel.

Les contractants concernés par une baisse des revenus ont donc tout intérêt, sans attendre un rejet de prélèvement, à prendre contact avec leur organisme créditeur pour étude amiable de leur dossier et éventuellement aménagement de leur échéancier.

Certains contrats de prêt comportent d’ailleurs une assurance perte d’emploi, excluant en général le chômage partiel, qu’il suffit de faire jouer. D’autres prévoient expressément des reports, ou des ajustements d’échéances proportionnels au niveau de revenus, assortis évidemment d’un allongement de la durée des remboursements.

Prévu par le Code de la consommation, le recours à la justice (référé au tribunal d’instance) pour obtenir la suspension du prêt ( maximum deux ans ) doit rester l’ultime solution. Si des difficultés de trésorerie sont en vue, on s’évitera bien des tracas en prenant préventivement rendez-vous avec son banquier.

Juniors : partez du bon pied

C’est un fait, les jeunes ont de plus en plus de mal à s’établir dans la vie. Si l’âge moyen et le taux de départ définitif du domicile parental n’ont guère évolué depuis 1990, les situations intermédiaires, où alternent départs momentanés et retours, témoignent de la difficulté grandissante pour les juniors à voler de leurs propres ailes. Les causes sont multiples, mais les solutions ne manquent pas.

Allongement de la durée des études ( pour ne prendre qu’un exemple : on était instituteur à 21 ans, il y a quelques décennies, aujourd’hui à 24 ou 25 ans), raréfaction des emplois (les moins de 25 ans sont les plus touchés par le chômage, avec un taux de 18,9 %), renchérissement du coût des loyers, les raisons ne manquent pas pour expliquer une situation qui pèse sur les finances des couples parentaux et prolonge une période d’hésitation entre adolescence et âge adulte.

Conscientes du problème, les autorités gouvernementales ont augmenté l’allocation logement, facilité l’obtention du permis de conduire, assoupli les conditions d’obtention des bourses d’études.

De leur côté, les établissements bancaires ont mis en place des prêts pour études intéressants et des incitations financières pour l’accès, désormais indispensable, à l’Internet. D’autre part, dans le cadre de l’Europe, des programmes d’études financées comme Érasmus offrent des possibilités souvent méconnues de partir pour l’étranger parfaire des études au bout du compte rentables. Et d’autre part encore, des organismes comme les Chambres de commerce et des métiers, les lycées professionnels, les instituts universitaires de technologie ouvrent des perspectives diplômantes débouchant sur l’emploi mieux que des études longues incertaines quant à leur but et à leur terme.

Si donc l’on a chez soi un ou plusieurs juniors, il convient de faire avec eux, et mieux, de les encourager à faire seuls, le tour des possibilités non négligeables de mener s’ils le veulent une existence indépendante.

Nantis de carte de crédit, possesseurs d’un permis de conduire et disposant souvent d’un équipement Internet dernier cri, les jeunes adultes d’aujourd’hui doivent être encouragés à sortir du cocon familial. Y compris en prenant des engagements bancaires mesurés qui les responsabiliseront et les feront avancer.

Conjoncture : baisse des taux d’intérêt, mais resserrement du crédit.

Les dernières notes de conjoncture restent pessimistes mais contiennent quelques bonnes nouvelles. Dans un contexte où rôde le spectre de la récession et où le chômage grimpe en flèche, la diminution de l’inflation et la baisse des taux d’intérêt donneraient de quoi se refaire un moral. Si le resserrement du crédit ne venait s’en mêler.

En 2009, l’inflation moyenne en France devrait donc tomber à 0,8 %, passant ainsi sous la barre symbolique de 1% et reculant de près d’un demi-point par rapport à 2007. D’autre part, si la récession paraît inévitable dans toute la zone euro, avec cependant un début de reprise prévu pour la France en 2010, la Banque centrale européenne a baissé ses taux directeurs ( de 4,25 % en octobre 2008 à 2 % aujourd’hui) et s’apprête à une nouvelle baisse en mars ( en dessous de 2%). C’est un signe de la volonté des autorités européennes de redresser une situation économique inquiétante.

Pour les particuliers désireux d’accéder à la propriété, cette mesure se traduit très concrètement depuis décembre de l’an passé, par un début de baisse des taux d’intérêt des emprunts qui devrait se confirmer dans les mois qui viennent. Restées prudentes longtemps en maintenant des taux élevés les banques semblent désormais s’engager dans la voie indiquée par la BCE, au moins pour ce qui concerne les transactions immobilières, le coût des crédits consommation restant élevé.

Ce mouvement est toutefois contrarié par leurs difficultés de refinancement qui les poussent à resserrer les conditions d’octroi d’un crédit immobilier. Le volume des crédits immobiliers consentis a connu une très forte diminution en 2008 ( - 20 % en moyenne) et la tendance ne s’est pas encore inversée. Il faudra être attentif au moindre frémissement d’amélioration dans ce domaine.